31 août 2009

Trip

« Il n’y a pas d’échec amoureux. C’est une contradiction dans les termes. Éprouver l’amour est déjà un tel triomphe que l’on pourrait se demander pourquoi l’on veut davantage. » 

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Dans son nouveau roman, le dix-huitième en dix-huit ans, elle entraîne ses personnages dans un voyage intérieur provoqué par des substances hallucinogènes.

 

Il faudrait le reconnaître une bonne fois pour toutes : qu'on l'aime ou qu'on la déteste, Amélie Nothomb a du génie ; oui, cette façon d'inventer des histoires abracadabrantesques - le mot est entré dans le dictionnaire - en créant des personnages loufoques qui ont l'air bien vrai ; et cette manière efficace d'embarquer les lecteurs dans son univers singulier n'a pas d'équivalent.

 

Ainsi, dans Le Voyage d'hiver se familiarise-t-on très vite avec Zoïle, homme «vaguement employé» par EDF-GDF, traducteur de L'Odyssée ; avec Astrolabe, une femme, sorte d'agent littéraire au service d'Aliénor, une romancière à succès qualifiée d'«anormale légère» - ne cherchez pas d'accents autobiographiques dans ce récit…

Zoïle voudrait épouser une carrière de kamikaze en s'attaquant à un monument en forme de «A» ; en fait, il sympathise avec les deux femmes qui désirent vivre dans des conditions précaires - en plein hiver, elles refusent le chauffage dans un appartement ouvert à tous les vents. Zoïle est plus ou moins amoureux d'Astrolabe. Pour le reste, on retrouve ce qui fait le charme de la romancière : des aphorismes sortis de nulle part et qui forcent à penser, des scènes insensées, des morceaux d'érudition, de l'autodérision servie généreusement.

 

Le Voyage d'hiver (Schubert n'est pas loin) est surtout une histoire de «trip» que Nothomb décrit, détaille, et décrypte avec une verve… stupéfiante. Le mot «trip» a un double sens : il désigne à la fois l'«état qui résulte de l'absorption de substances hallucinogènes» et une «aventure intérieure». Ce sont les plus belles pages du roman, des pages déjantées, piquantes, psychédéliques. Le meilleur d'Amélie. Mais où la romancière est-elle donc allée chercher tout cela ? Un contrôle antidopage s'impose !

 

Source Le Figaro.

 

 

Dernier roman d’Amélie Nothomb que j’ai vite dévoré, vu le nombre de pages et la manière avec laquelle elle sait nous entraîner dans son … trip !

 

Je ne peux que le conseiller aux fans. Et pour les autres, prenez le temps de la découvrir …

 

 

10 juin 2009

Mangez-le si vous voulez !

Julien Daniel.jpgLe 16 août 1870, un mois après la déclaration de la guerre à la Prusse, quelques jours après l'annonce des premiers désastres sur le front de Lorraine, dans la chaleur d'un été torride, plusieurs centaines de paysans, venus comme chaque année à la foire d’Hautefaye, petit village de dix maisons perdu dans la campagne du Périgord, s'en prennent avec une violence inouïe à un homme jeune, connu et estimé dans la région, l'accusent à tort de souhaiter la défaite de la France, d'envoyer de l'argent à l'ennemi, d'avoir crié : Vive la République! L'homme qui. bien que réformé, vient de s'engager comme simple soldat et doit partir dans deux jours combattre les Prussiens, proteste de sa bonne foi, s'efforce de convaincre ses agresseurs qu'ils se méprennent. Mais la foule, échauffée par le vin, égarée par des rumeurs sans fondement, aveuglée par le désir de trouver à tout prix un responsable à ses malheurs, sourde aux protestations de celui qu'on a montré du doigt, l'invective de plus belle. Des menaces, elle en vient aux actes, attaque l'homme à coups de poing, à coups de bâton, à coups de pied. toute une population hargneuse se rue sur la victime désignée par quelques-uns, hurlant à la mort du « Prussien ». Des vieillards, des enfants s'acharnent avec une hallucinante férocité, sans se soucier de savoir si les accusations lancées contre cet homme sont le moins du monde justifiées. Faute d'avoir réussi à le pendre à une branche de cerisier, des enragés l'attachent à un travail à ferrer les bœufs, lui arrachent des ongles de pied, le martyrisent à coups de sabot, à coups de crochet dans la tête, le traînent en sang dans l'unique ruelle du bourg aux cris de : Vive l’Empereur ! Vive la France! tentent de l'écarteler, dressent un bûcher, le jettent encore vivant sur le bois mort, demandent aux plus jeunes enfants de craquer l'allumette, dansent autour des flammes avec des déhanchements obscènes, triturent le « cochon qui grille », recueillent de sa graisse sur du pain, en mangent et se réjouissent à l’idée que le gouvernement va leur verser une paie pour les récompenser d'avoir accompli cet exploit héroïque!

Immédiatement colporté de bouches à oreilles le bruit des scènes de barbarie d’Hautefaye sème l'horreur et la panique dans la région. L'affaire est évoquée à la Chambre des Députés dans les fièvres des nouvelles désastreuses qui arrivent de la guerre. Le ministre de l’Intérieur fait hâter les poursuites, demande un châtiment exemplaire. Une soixantaine de personnes sont arrêtées. Entre-temps Napoléon III capitule à Sedan, l’Empire s'écroule. Le 4 septembre la République est proclamée. Vingt et un prévenus sont finalement inculpés et jugés aux assises de la Dordogne, le 21 décembre 1870 : tous paysans et artisans honnêtes de treize à soixante-douze ans, sans passé judiciaire. Au cours du procès, aucun d'entre eux n'a pu énoncer le moindre grief contre leur victime. « C'était un brave homme, disent-ils. On nous a trompés, nous étions ivres... »

Un brave homme écorché, torturé, brûlé vif par des braves gens. Telle est la physionomie singulière du crime d’Hautefaye, répétition « exemplaire » dans la France rurale de la fin du XIXe siècle d'un rite de violence sociale vieux comme le monde : le meurtre de la victime émissaire.

Quatre des accusés sont condamnés à mort et guillotinés sur la place minuscule du bourg, sous les yeux de la population.

Survenu dans les profondeurs du pays en pleine guerre, commis sous l'Empire au nom du souverain, jugé sous la République, à la veille de la Commune de Paris, au nom de la civilisation, le crime collectif d’Hautefaye n'a guère laissé de trace dans l’Histoire. A Hautefaye même et dans les environs le bûcher, puis la guillotine ont imprimé dans la mémoire collective le souvenir d'un tel cauchemar, que pendant trois générations, les gens ont préféré se taire et oublier.

Pourtant cet épisode dramatique de l’Année terrible qui en connut tant d'autres est beaucoup plus qu'une sombre affaire locale. C'est à l'échelle d'un hameau reculé l'irruption, fulgurante, à un moment critique de notre Histoire, de toute la « sauvagerie » contenue d'une société villageoise ordinairement paisible. Irruption que rien de précis ne donnait à prévoir et qui aurait pu se produire ailleurs, avec la même déconcertante soudaineté d'un phénomène volcanique né d'une fracture de l'écorce terrestre.

La tragédie d’Hautefaye a ceci de particulier que ses origines sont diffuses, ses circonstances fortuites, à la fois lointaines et proches, nationales et régionales, en tout cas indissociables des événements politiques qui ont secoué le pays dans les derniers mois du Second Empire. Evénements peu glorieux de notre passé récent - et, pour cette raison, volontiers méconnus. Evénements [qui] ont créé le climat qui a rendu possible la transe meurtrière des voraces d’Hautefaye, avivé leur délire de cruauté, nourri leur ivresse de sang et de feu.

 

Avant-propos d'un livre: "Hautefaye, l'année terrible", de Georges Marbek.

 

 

J’ai découvert cette affaire de cannibalisme avéré, assez unique dans notre histoire récente, dans le roman de Jean Teulé «  Mangez-le si vous voulez », aux éditions Julliard. Avec une précision redoutable, Jean Teulé a reconstitué chaque étape de cet atroce chemin de croix qui constitue l’une des anecdotes les plus honteuses de l’Histoire du XIXe siècle en France. Mais ce qui est intéressant, c’est de se rendre compte à quel point nul n’est à l’abri de l’abominable, et que nous sommes tous, hommes, femmes et enfants, capables du pire !

 

Il suffit de se trouver au mauvais moment, au mauvais endroit …

 

Même si la lecture de cet ouvrage est parfois rude, Jean Teulé a su tempérer l’ardeur de ses propos par une touche d’humour, somme toute dérisoire, en regard du calvaire subi par d’Alain de Monéys. A ce titre, j’ai été stupéfait par les ressources que peut déployer la nature humaine, pour survivre ...

 

 

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Photo : Julien Daniel – Village de Hautefaye

 

17 décembre 2008

Brainstorming

Il y a des sujets qui méritent réflexion et il y en a bien un qui me titille depuis longtemps déjà, à savoir : l’origine du peuple Juif !

 

(  p’tain le Philo a pété un plomb ...  )

 

 

Ce questionnement n’est pas lié à mes croyances qui ne rentrent pas toutes dans les cases des religions traditionnelles, mais c’est plutôt une sorte de constat fait au fil de mes connaissances et de mon intérêt pour l’égyptologie. Alors que le christianisme et la religion musulmane ne me pose pas de problème particulier au niveau de leurs origines, les Hébreux qui sont les garants des principaux fondements de notre civilisation demeuraient pour moi un mystère complet. Je dis bien demeurait car depuis quelques années, j’ai une nouvelle approche des choses qui me convient tout à fait et répond au brainstorming qu’engendre cette affaire dans mon petit esprit …

 

L’histoire de l’Egypte ancienne est un immense puzzle qui commence à prendre forme et nous livre petit à petit ses secrets. On sait a peu près tout de la filiation des pharaons qui ont régné sur la Basse et Haute Egypte, des guerres qui ont été livrées contre leurs ennemis, de la culture et des traditions de ce peuple plusieurs fois millénaires, et … aucune trace de l’existence des Juifs sur cette terre !

 

On sait également qu’ils n’ont pas été esclaves asservis à la réalisation de tâches pharaoniques, comme ils nous sont apparus dans la non moins pharaonique production de Cecil B. De Mille, les Dix Commandements. C’était tout bonnement l’occupation d’artisans et agriculteurs durant la crue du Nil. Alors quid de ce peuple élu venant de nulle part et de cette histoire par laquelle l’humanité s’est créé une mémoire collective ? Là, c’est le cartésien que je suis qui parle …

 

Pourtant, une toute autre histoire a été pressentie au cours des travaux de Jean-François Champollion, qui écrivait : « La connaissance réelle de l’ancienne Egypte importe également aux études bibliques, et la critique sacrée doit en retirer de nombreux éclaircissements. ». Sigmund Freud quant à lui, était fasciné par Moïse. A la suite des fouilles effectuées à Tel el-Armana, site actuel de l’ancienne capitale d’Akhenaton, il proposa l’hypothèse suivante : « Nous aimerions à présent risquer cette conclusion : si Moïse fut un égyptien, s’il transmit sa propre religion aux Juifs, ce fut celle d’Akhenaton, la religion d’Aton. » Il ajoutait : « Si j’étais millionnaire, je financerais la poursuite des fouilles … ».

Champollion n’a pas eu le temps hélas de poursuivre ses travaux, mais il lui avait été vivement conseillé à l’époque, d’abandonner cette thèse …

 

Heureusement, d’autres chercheurs et linguistes se sont penchés sur ces hypothèses, c’est le cas de Messod et Roger Sabbah qui ont découvert après vingt ans d’études, le message caché de la Bible : le peuple Hébreu, celui de l’Exode, celui dont on ne trouve aucune trace dans l’Egypte historique, n’est autre que la population d’Akhetaton chassée par le Grand Vizir, qui régna peu après Toutankhamon. Déportés vers Canaan, province égyptienne située à quinze jours de marche de la vallée du Nil, les prêtres et notables monothéistes fondent le royaume de Yahouda, la Judée. Autre détail intéressant, la police du pharaon Akhenaton n’a pas suivi la même destinée et s’est dirigée vers le sud pour s’établir dans l’actuel Kenya. Ils portent le nom de Massaï. C’est la fin du monothéisme en Egypte, mais ce n’est pas pour autant la fin du Dieu unique …

 

L’histoire de l’Exode décrite dans l’Ancien Testament ne serait qu’une sorte de calque superposé à une vérité ignorée : le peuple égyptien et le peuple hébreu ne seraient qu’un. Messod et Roger Sabbah découvrent de troublantes analogies entre l’alphabet hébreu et l’écriture hiéroglyphique, entre la Genèse et la cosmologie égyptienne. Ils montrent que les noms des personnages de la Bible, Abraham ( Akhenaton ? ), Moïse, Aaron Josué, Sarah, dissimulent les noms et les titres royaux des pharaons de la XIIIe dynastie. Ils retrouvent transcrit le nom d’Akhenaton dans la Bible, grâce à l’histoire de l’ânesse de Balaam qui proclame : « Anokhi Atone-Kha », ce qui veut dire « Je suis ton Dieu Aton », qui deviendra « Anokhi Adonaï », « Je suis l’Eternel ton Dieu ».

 

Les preuves s’accumulent au fil des études archéologiques, littéraires et sémantiques. Ainsi sont comparés rites traditionnels égyptiens et hébraïques, analogies entre les habits de cérémonie de pharaon et ceux des rites sacrés hébraïques ( kippa, téfilines, …). La Bible est comparée mot à mot avec l’histoire de l’Egypte, le passage de la mer Rouge, le veau d’or, la grande scénographie du Mont Sinaï et les Dix Commandements sont des événements symboliques annoncés et décrits depuis des millénaires dans les tombeaux des pharaons.

 

Dans le dernier ouvrage de Roger Sabbah « Le Pharaon Juif », c’est la relecture de la Kabbale qui démontre qu’il faut cesser de prendre au pied de la lettre chaque épisode relaté dans la Bible, comme par exemple la traversée de la mer Rouge ( mais comment a-t-il fait Moïse ? ), mais y voir au contraire la symbolique propre à l’esprit de l’ancienne Egypte. Cette nouvelle lecture fait des Juifs les descendants en ligne directe des anciens égyptiens. Sa démonstration bouleverse nos idées reçues sur les religions monothéistes, en nous apportant une vision nouvelle sur les bases de notre civilisation, et par conséquent, sur les conflits de notre époque.

 

Je ne sais plus qui a dit : « Nous sommes tous égyptiens ! », mais c’est un peu vrai. Grâce à la Bible, la quintessence de la sagesse égyptienne est parvenue jusqu’à nous, portée par la tradition orale de ceux que se firent appeler Hébreux. Ils n’ont pas eu le droit d’écrire leur histoire, en échange de leur liberté de penser, mais ils l’ont quand même gravée dans leur mémoire, sous d’autres identités et d’autres lieux, mais en conservant la même croyance. Dans tous les cas il s’agit d’une réflexion sur les sources de notre pensée et par conséquent, sur nous-même …

  

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Ce n’est pas trop mon habitude quand je présente un livre, mais cette fois-ci je les ai tous lus ...
 

03 décembre 2008

VDM

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Ne vous est-il jamais arrivé de vous dire parfois et peut-être même souvent, pour les plus malchanceux, que vous avez … une Vie de Merde ?

 

Quand les choses ne roulent pas comme elles devraient ou que vous frisez le ridicule !

 

Mais si cela peut vous rassurer, ne serait-ce qu’une seconde, sachez que vous n’êtes pas les seuls à adhérer au club des infortunés de la vie …

 

Une bonne Vie de Merde ça ne s’invente pas et il fallait bien réunir dans un ouvrage quelques exemples ce qui peut faire le plus rire ou le plus honte, de cette intimité qui peut ressembler à la nôtre.

 

Au départ, VDM  ( Vie de Merde ) est un site web où des milliers de gens sont passés écrire leur malheur avec humour et spontanéité. La crème des crèmes fait l’objet de ce livre, le meilleur du pire, en quelque sorte.

 

Je n’ai pas lu ce livre ( comme dab ) mais j’ai déjà parcouru le site et bon nombre de ces petits moment de la vie quotidienne où l’on se sent si seul …

 

 

 

 

Vie de Merde, le Site Officiel !

 

 

 

13 novembre 2008

Gentillesse

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Il y a des journées mondiales de tout. La lèpre, la pauvreté, la violence conjugale... A cet égard, le 13 novembre tranche délicieusement avec les horreurs habituelles et pourrait bien avoir son petit succès en ces temps de désenchantement général. Et pour cause, même si les trois quarts de la planète l'ignorent et vont aboyer sur leurs congénères dès le réveil, c'est aujourd'hui la Journée mondiale … de la gentillesse ! « The World Kindness Day », pour être exact, ainsi décrété par le « World Kindness Movement », le Mouvement mondial pour la gentillesse, un organisme international laïc tout ce qu'il y a de plus sérieux né à Singapour en 2000.

Incongru ? Sans doute un peu. Mais pas tant que ça. En témoigne le succès d'un best-seller suédois (non, pas « Millénium » !) qui vient d'entrer - à la surprise générale -- dans les classements de meilleures ventes en France : « L'art d'être bon »*. Ecrit par un prestigieux cancérologue, Stephan Einhorn, l'ouvrage a déjà séduit plusieurs centaines de milliers de Suédois avec un slogan improbable : « Osez la gentillesse ! »

« Les gens sont de plus en plus fatigués de vivre dans un monde agressif »

A en croire ce médecin, l'adage « trop bon trop con » a vécu. Celui qui prend naturellement quelques secondes de sa vie pour tenir la porte aux vieilles dames, ramasser le gamin qui s'est étalé par terre, sourire à son voisin et tendre la main aux inconnus est... bien plus heureux et bien mieux portant que la moyenne.

Etudes scientifiques à l'appui, Stephan Einhorn démontre qu'être bienveillant envers les autres n'est absolument pas un aveu de faiblesse ou de niaiserie mais, au contraire, la clé d'une vie réussie et, par extension, d'un monde meilleur. Et ça fait mouche ! « Les gens sont de plus en plus fatigués de vivre dans un monde agressif, ils en ont marre de la course, de la compétition, de toute cette violence qui ne correspond pas à leur nature », analyse Thomas d'Ansembourg, thérapeute en communication non violente et lui-même auteur de best-sellers, qui a préfacé l'édition francophone du livre. « Regardez le succès incroyable d'une soeur Emmanuelle ! On est dans un changement de civilisation profond, dont la crise économique mondiale est le premier signe. Le mot crise en japonais signifie « opportunité » : les gens ont envie de changer de culture ! »

Cela n'est sans doute pas un hasard si les mouvements en faveur de la bienveillance sont justement nés au Japon et dans les pays où le « business » écrasant est roi : Etats-Unis, Australie... Loin d'être pris pour des hurluberlus, ces militants essaiment leurs conseils et prônent des gestes simples sur le site Internet Actsofkindness.com (gestes de gentillesse en anglais), véritable boîte à idées de bonnes actions. De la plus banale - laisser son siège à une femme enceinte - à la plus fofolle : envoyer une carte postale à un parfait inconnu choisi dans l'annuaire, pour lui souhaiter une bonne journée ! On y découvre aussi que la journée de la gentillesse peut donner lieu à des scènes joyeusement surréalistes. Ainsi le 13 novembre, l'an dernier aux Etats-Unis, des automobilistes se sont donné le mot... pour payer le péage à la voiture derrière eux !

 

Source Le Parisien.fr

10 septembre 2008

Un trombone rouge

Non Philo n’a pas eu droit à un lavage de cerveau durant l’été, ni mis de côté sa libido, quoiqueue … Je n’ai pas non plus décidé de devenir irrémédiablement austère, mais c’est bel et bien la réédition d’un autre ouvrage qui a attiré mon attention. Ce n’est pas tant le livre que je souhaite évoquer, mais plutôt cette fabuleuse aventure du trombone rouge !   

 

trombone rouge.jpgC’est en juillet 2005 que Kyle MacDonald, livreur de pizzas à Montréal, a transformé un trombone rouge en maison grâce à www.craigslits.org, le plus célèbre site d’échanges du continent nord américain.

 

Il a tout d’abord échangé son fameux trombone rouge contre un stylo en forme de poisson, puis une poignée de porte, un barbecue, un générateur électrique, un fût de bière, une motoneige, un voyage tous frais payés à Yahk ( Colombie Britannique ), un camion, un contrat d’enregistrement de disque pour finir par un an de location gratuite dans la ville de Phœnix, dans l’Arizona, une soirée avec Alice Cooper, une boule à neige Kiss, un rôle dans un film à Hollywood, pour finir 503 Main Street à Kipling, propriétaire d’une charmante demeure.

 

Il aura fallu seulement un an et quatorze échanges pour que le rêve de Kyle Mc Donald devienne réalité !

 

"Locataire à Montréal, j'avais un rêve fou : je voulais acheter une maison. Mais je n'avais pas d'argent. Juste un trombone rouge. Je me suis néanmoins lancé le défi : avec ce gadget apparemment sans valeur, je serrerais un jour dans la main les clés de ma maison. Un trombone contre un stylo, un grand fourgon contre un contrat d'enregistrement... Et petit à petit, en tendant toute mon énergie vers ce seul but, j'ai fini par pendre la crémaillère : j'avais réussi ma quête ! 

Ce que j'ai réussi le mieux pourtant, ce n'est pas tant la destination que le voyage... Je n'aurais jamais cru qu'on pouvait obtenir absolument tout ce qu'on voulait en y croyant, ni qu'on pouvait troquer n'importe quel objet contre le rêve de quelqu'un."

Cette aventure témoigne de la ténacité avec laquelle Kyle MacDonald a réussi à accomplir son projet, mais aussi de la valeur relative que nous accordons aux choses, comme les biens matériels …

Et vous ? N’auriez-vous pas une babiole dont vous pourriez vous débarrasser ?…

 

 Visitez le blog de Kyle MacDonald 

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08 septembre 2008

Où on va, papa ?

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"Cher Mathieu, cher Thomas,
Quand vous étiez petits, j'ai eu quelquefois la tentation, à Noël, de vous offrir un livre, un Tintin par exemple. On aurait pu en parler ensemble après. Je connais bien Tintin, je les ai lus tous plusieurs fois.
Je ne l'ai jamais fait. Ce n'était pas la peine, vous ne saviez pas lire. Vous ne saurez jamais lire. Jusqu'à la fin, vos cadeaux de Noël seront des cubes ou des petites voitures... "

Jusqu à ce jour, je n'ai jamais parlé de mes deux garçons. Pourquoi ? J'avais honte ? Peur qu'on me plaigne ?
Tout cela un peu mélangé. Je crois, surtout, que c'était pour échapper à la question terrible : « Qu'est-ce qu ils font ? »
Aujourd hui que le temps presse, que la fin du monde est proche et que je suis de plus en plus biodégradable, j'ai décidé de leur écrire un livre.
Pour qu'on ne les oublie pas, qu'il ne reste pas d'eux seulement une photo sur une carte d'invalidité. Peut-être pour dire mes remords. Je n'ai pas été un très bon père. Souvent, je ne les supportais pas. Avec eux, il fallait une patience d'ange, et je ne suis pas un ange.
Quand on parle des enfants handicapés, on prend un air de circonstance, comme quand on parle d'une catastrophe. Pour une fois, je voudrais essayer de parler d'eux avec le sourire. Ils m'ont fait rire avec leurs bêtises, et pas toujours involontairement.
Grâce à eux, j'ai eu des avantages sur les parents d'enfants normaux. Je n'ai pas eu de soucis avec leurs études ni leur orientation professionnelle. Nous n'avons pas eu à hésiter entre filière scientifique et filière littéraire. Pas eu à nous inquiéter de savoir ce qu'ils feraient plus tard, on a su rapidement ce que ce serait : rien.
Et surtout, pendant de nombreuses années, j'ai bénéficié d'une vignette automobile gratuite. Grâce à eux, j'ai pu rouler dans des grosses voitures américaines.

Jean-Louis Fournier

 

Jean-Louis Fournier est l'auteur de nombreux succès depuis 1992 (Grammaire française et impertinente), Il a jamais tué personne mon papa (1999), Les mots des riches, les mots des pauvres (2004), Mon dernier cheveu noir (2006). Autant de livres où il a pu s'entraîner à exercer son humour noir et tendre. Où on va, papa est peut-être son livre le plus désespérément drôle.

 

Pour inaugurer ce nouvel espace, j'ai choisi un coup de cœur littéraire avec ce livre de Jean-Pierre Fournier. Fidèle ami du regretté Pierre Desproges, l'auteur de " Où on va, papa ? " nous persuade que l'on doit pouvoir rire de tout, même du handicap. Pourquoi ces enfants qui pourraient être les nôtres, devraient-ils être privés de rires dès leur plus jeune âge en observant  la mine dépitée de leurs parents exprimant le " Quel malheur ! " de circonstance ?...

Un livre émouvant à découvrir, sous la forme de petits billets d'une à trois pages. Jean-Louis Fournier retrace sa vie avec Thomas et Mathieu, ses deux enfants handicapés, avec beaucoup d'humour, parfois avec douleur, toujours avec amour et dérision.

 

 

" Le rire est le plus court chemin entre les hommes "