27 septembre 2009

One shot not

Hier soir sur Arte était programmé l'excellent magazine musical « One shot not », proposé et présenté par Manu Katché. J'avoue facilement oublier ce rendez-vous mensuel, mais quand les éléments sont réunis pour que je me trouve devant le petit écran au moment de cette émission, c'est un véritable régal !

Comme l'écrit Emilie Gavoille dans Télérama : « Ce qu'on aime d'emblée chez One shot not », c'est sa décontraction. Sa manière toute simple de nous accueillir, sans révérences superflues ni verbiage inutile, dans ce qui ressemble fort à une salle de répétitions. Entendez une belle, une très belle salle de répétition, avec ses grands tapis persans superposés de guingois sur le sol et son public installé de manière un peu anarchique, debout ou assis en tailleur, autour des musiciens. Lesquels ne sont pas tout à fait rodés ? Pas grave : on la refait. « One shot not », on vous dit !... ».

Oui, il se peut très bien qu'un bœuf s'engage mal et dans ce cas, l'invité et les musiciens se recalent en une fraction de seconde, pour nous offrir ensuite, le meilleur d'eux-mêmes. Nous sommes loin de Taratata et du criard Nagui, même si son émission a le mérite de donner au « live », une place de choix. Mais la voix de Manu Katché se fait beaucoup plus discrète car il préfère de loin accompagner ses invités pour une jam qui nous donne souvent le frisson. Il n'est pas question de promotion ni de scoop sur la façon qu'a untel de tenir sa biscotte au petit déjeuner, mais juste une affaire de musiciens qui partagent leur talent, avec humilité et générosité ...

L'univers musical de « One shot not » nous fait également sortir des sentiers battus des tendances, pour venir au devant de belles rencontres comme l'extraordinaire Raul Midon que j'ai découvert durant cette émission. Avec ses lunettes noires, il nous rappelle étrangement Stevie Wonder et son jeu de guitare est aussi percutant que virtuose. A la question posée par Manu Katché lui demandant comment lui était venu le rythme syncopé d'une de ces chansons ( n'oublions pas que Manu est batteur ), Raul Midon répondit simplement : « Mais c'est du morse ! C'était mon indicatif de radio amateur... » . Parfois le génie va se nicher dans l'improbable ...

En attendant, si vous ne connaissez pas Raul Midon, je vous invite à visionner deux extraits de l'émission. Le second titre « Don't take it that way » est justement un bœuf qui avait mal débuté entre Raul Midon, Manu Katché aux baguettes, Eric Legnini au clavier et le talentueux bassiste dont j'ai oublié le nom. La vidéo commence seulement après la mise au point concernant un break qu'il fallait inclure en fin de couplet ...