01 novembre 2009
TEOTIHUACAN

Classée au Patrimoine mondial de l'Unesco, Teotihuacan est situé à 2.275 mètres d'altitude dans les hautes-terres semi-arides du centre du Mexique. Ses 20 kilomètres carrés ont accueilli quelque 100.000 habitants pendant plusieurs siècles. Les pyramides, entièrement érigées à main d'homme, avec des outils de pierre, sont un des vestiges les plus impressionnants de cette antique cité. Le rayonnement de ces édifices majeurs a fait de Teotihuacan une des sociétés parmi les plus influentes de toutes les civilisations de son époque.
En langue nahuatl, Teotihuacan signifie "le lieu des dieux" ou "le lieu où ils deviennent dieux". Ce nom renvoie au mythe du Cinquième Soleil, un extraordinaire récit qui décrit l'état de l'univers après la destruction de la Quatrième Ere. L'obscurité s'était répandue sur terre et les dieux, inquiets, se réunirent pour désigner qui éclairerait le monde. Ils y convièrent Tecuciztécatl et Nanahuatzin, invités à se transformer en astre roi de la Nouvelle Ere, Tecuciztécatl, parvenu devant le brasier allumé par les dieux, hésita à s'y jeter. Devant un tel déshonneur, les dieux ordonnèrent à Nanahuatzin de s'y lancer; ce dernier, s'exécutant, se transforma en Cinquième Soleil. Jaloux, son compagnon se jeta à sa suite et se transforma aussitôt en un second disque de feu, mais l'un des dieux lui lança un lapin au visage, éteignant ainsi la lumière et anéantissant la chaleur. Après péripéties, Nanahuatzin et Tecuciztécatl commencèrent leur parcours quotidien dans le firmament : d'abord le Soleil, puis la Lune, constituant ainsi les éléments astraux majeurs de la cinquième création. Teotihuacan fut le théâtre de cette histoire.

La disparition de la Cité des Dieux demeure encore largement incomprise. Les vertiges archéologiques démontrent que, vers le milieu du VIe siècle de notre ère, les zones où se situaient certains ensembles d'habitation de prestige et les principaux temples furent ravagés par un terrible incendie.
Vers 550 après J-C., de nombreuses oeuvres d'art ont en outre été détruites ou vandalisées : des représentations de dignitaires ou de prêtres furent brisées, comme pour en finir avec l'élite et ses représentants. Des murs furent même construits parfois devant les perrons des pyramides, pour signaler leur fermeture et la fin des cérémonies et du culte des divinités.
A la suite de ces violences, une partie de la ville demeura occupée un siècle encore jusqu'à ce qu'elle se vide et que de nouveaux occupants, sans doute venus du nord-ouest, s'y installent.
On cherche encore des explications : révoltes internes contre le pouvoir, croissance excessive de la population et insuffisance d'attention aux habitants de la part de l'élite, blocage des routes commerciales, ou invasion destructrice de peuples voisins, plusieurs causes ont pu se combiner.

Très belle exposition que j'ai eu l'occasion de découvrir au quai Branly en compagnie de l'audioguide mp3 téléchargeable sur le site du musée. Les oeuvres exposées sont de toute beauté et mises en valeur par un éclairage joliment étudié. Je ne suis pas un spécialiste des civilisations précolombiennes, mélangeant facilement les Mayas et les Aztèques, mais cette exposition a été l'occasion de remettre un peu d'ordre dans mes repères !
Ce sont d'ailleurs ces derniers qui ont donné le nom à cette cité et ce peuple dont on ne sait pratiquement rien. Ils n'ont pas fait usage de l'écriture, et seuls les objets trouvés lors des fouilles et les fresques ont permis d'en apprendre un peu plus. Cette Cité des Dieux a fortement inspiré les Aztèques qui ont occupé les lieux après la disparition de ses habitants, et ont repris bon nombre de leurs symboles et croyances ...
Teotihuacan Cité des Dieux a été conçue par le Consejo Nacional para la Cultura y las Artes et l'Instituto Nacional de Antropologia e Historia, de Mexico.
Courrez-y, c'est jusqu'au 24 janvier 2010 !
00:58 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : teotihuacan, quai branly
16 août 2009
Tourmente
En juillet 1940, Marthe Dupeyron sortait de l'Ecole Normale de Mende. Au mois d'octobre elle gagna son premier poste d'institutrice, à 21 ans, pour y remplacer le titulaire, prisonnier de guerre. Il s'agissait du hameau de la Vaissière, à plus de 1200 mètres d'altitude sur le flanc du Mont Lozère, entre le col de Montmirat et le village de Pont-de-Monvert.
A la fin de l'année, Marthe avait depuis longtemps décidé de profiter des vacances scolaires pour aller embrasser sa mère et ses deux sœurs, chez elle, à Rocles. Mais la Vaissière est à dix kilomètres du bourg de Montmirat, où passent les autocars. Dix kilomètres de chemins couverts de neige. Malgré la tâche difficile, Marthe Dupeyron put gagner Langogne et de là Rocles, où elle arrivait le 29 décembre, par beau temps.
Dans la nuit du 31 décembre, le temps changea brusquement. La neige se mit à tomber et le froid devint glacial. Quand on songe que l'express Marseille-Bordeaux resta immobilisé plus de vingt heures à quelques lieues de la gare Saint-Charles, on peut imaginer le temps qu'il devait faire sur les montagnes de Lozère.
Le chasse-neige déblaya les principales artères et le 2 janvier 1941, le chauffeur du car Langogne-Mende décida d'assurer son service. Bien que la mère de Marthe lui conseilla d'attendre une journée de plus, elle obtenu l'autorisation de prendre le car, voulant à tout prix ouvrir son école comme l'exigeait son devoir, le matin du vendredi 3 janvier. Pierrette sa sœur tint à l'accompagner, comme l'aurait fait Denise si elle n'avait pas été clouée au lit par une angine. C'est tout ce que sa mère put obtenir, et que sitôt ses filles rendues sur place, elle lui expédieraient un télégramme ...
Le jeudi 2 janvier, les deux sœurs partent à l'aube et le temps semble meilleur. Elles arrivent à Mende où elles apprennent que le service des cars est arrêté. Marthe décide alors de prendre un taxi qui va les conduire avec sa sœur, à Montmirat. Il est trois heures de l'après-midi lorsqu'elles atteignent Montmirat. La tempête recommence à sévir et le bourg apparaît dans un tourbillon de neige. A l'auberge où elles s'arrêtent, on tente de les empêcher de poursuivre leur route, mais Marthe sourit. Que diraient les enfants si demain leur institutrice faisait l'école buissonnière ?
C'est alors qu'elle se joignent à M. Portalier qui venait du Choizal et se rendait aux Badieux, tout proche de leur destination. Ils mettront trois heures à parvenir aux Badieux et l'homme les invita à chercher un gîte pour la nuit, car le jour déclinait. A deux kilomètres de l'école et en terrain connu, elles préférèrent continuer. Elles ne devait plus être loin de la Vaissière lorsque survint la tourmente.
Le dimanche suivant, le 5 janvier 1941, soit trois jours après leur départ, leur mère affreusement inquiète téléphone aux Bondons pour qu'on parte à leur recherche. Deux hommes découvrent les corps recroquevillés de Marthe et Pierrette, se tenant par la main et recouverts de glace, au pied d'un arbre. On ne les trouva que vers cinq heures de l'après-midi, à quelques centaines de mètres des Badieux, un peu écartées de leur chemin. Le phénomène est bien connu : les personnes qui marchent dans la neige, la nuit tombée, tournent en rond ...
Source : article du journal Paris Soir du samedi 25 janvier 1941.
Le clocher de tourmente est une construction lozérienne, particulièrement répandue dans les hameaux situés sur le Mont Lozère. C’est un ouvrage simple, en granit, supportant une cloche et souvent surmonté d’une croix. Bâtis au début du XIXe siècle, le rôle de ces clochers est de permettre aux voyageurs de ne pas s’égarer et périr, si d’aventure ils se trouvaient pris dans la tourmente.
Photo : Clocher de tourmente du hameau de la Fage, Lozère
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13 mai 2009
Le buste de Néfertiti est un faux !

Le 6 décembre 1912, à Tell el Amarna, l’archéologue allemand Ludwig Bochardt découvre un buste polychrome en grès de la reine égyptienne Néfertiti …
Le célèbre buste de Néfertiti, conservé à Berlin, est un "faux" fabriqué en 1912 pour faire des essais de polychromie, affirme mardi un historien de l'art réputé, Henri Stierlin, dans un ouvrage qui vient de paraître.
Les "indices s'accumulent" qui permettent de dire qu'il est "impossible" que le buste de la reine d'Egypte à la beauté légendaire soit vieux de 3.400 ans, a affirmé à l'AFP l'historien de l'art suisse, qui publie son enquête dans "Le buste de Néfertiti, une imposture de l'égyptologie ?" (Infolio).
Selon M. Stierlin, auteur de dizaines d'ouvrages sur l'Egypte, l'Orient ou le monde islamique ancien, le buste a été fabriqué sur le chantier même de la fouille, en 1912, par un artiste du nom de Gerardt Marks, à l'initiative de l'archéologue allemand responsable Ludwig Borchardt.
L'archéologue voulait faire faire un portrait de la reine, dont on possède une dizaine de portraits, portant la tiare dont on savait qu'elle se parait. Il voulait par ailleurs, avec des pigments anciens découverts lors des fouilles, faire des essais de polychromie, dit-il.
Découvert lors d'une visite princière allemande le 6 décembre 1912, le buste a été cru authentique et très admiré. L'archéologue n'a pas eu "le courage de ridiculiser" ses hôtes, selon l'historien.
M. Stierlin qui "travaille sur le sujet depuis 25 ans", s'est basé sur un faisceau d'indices. "Le buste n'a pas d'oeil gauche et n'a jamais été préparé pour le recevoir. C'est une injure pour un Egyptien ancien, selon qui la statue est la personne elle-même", dit-il.
Les épaules sont "coupées à la verticale, comme on le fait depuis le XIXe. Les Egyptiens coupaient les épaules à l'horizontale".
On a "accentué les traits de manière qui rappelle le style de l'Art nouveau", ajoute l'historien de l'art, selon qui on ne peut dater scientifiquement la pièce, parce qu'elle est en pierre recouverte de stuc. Les pigments, qui sont datables, sont véritablement anciens, ajoute-t-il.
"Nous ne mettons pas dans nos vitrines des oeuvres douteuses pour les quelque 700.000 visiteurs que nous recevons chaque année", a réagi Dietrich Wildung, directeur du Musée égyptien de Berlin, responsable du buste en attendant son "déménagement" en octobre au Neues Museum.
"Une tomographie, des analyses matérielles et une documentation complète de son histoire prouvent son authenticité".
"Si une oeuvre avait été fabriquée (en 1912 seulement), alors elle contiendrait des matières modernes", a-t-il ajouté.
Le livre de M. Stierlin "est plutôt à ranger dans le rayon bande-dessinée et non pas scientifique".
Des chercheurs allemands ont déjà évoqué récemment la possibilité que le buste de Néfertiti ait subi un "lifting" et qu'il ait en fait été réalisé en plusieurs étapes.
Source AFP
Coup de tonnerre dans la presse et le monde de l'egyptologie, suite à la parution de ce livre et les révélations qu'il comporte !
Cette falsification révèle de bien étranges mobiles mis en lumière par René-Louis Parfait Etilé sur son site Africamaat, comme le fait d’avoir donné à ce buste un profil caucasien qui convient mieux à l’idée que l’on pouvait se faire de la beauté en 1912.
La perfection de ce visage a même ému Adolf Hitler qui renonça à le rendre à l’Egypte, reconnaissant dans les traits de ce buste une manifestation évidente de la pureté de la race aryenne …
15:53 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note



