31 août 2009

Trip

« Il n’y a pas d’échec amoureux. C’est une contradiction dans les termes. Éprouver l’amour est déjà un tel triomphe que l’on pourrait se demander pourquoi l’on veut davantage. » 

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Dans son nouveau roman, le dix-huitième en dix-huit ans, elle entraîne ses personnages dans un voyage intérieur provoqué par des substances hallucinogènes.

 

Il faudrait le reconnaître une bonne fois pour toutes : qu'on l'aime ou qu'on la déteste, Amélie Nothomb a du génie ; oui, cette façon d'inventer des histoires abracadabrantesques - le mot est entré dans le dictionnaire - en créant des personnages loufoques qui ont l'air bien vrai ; et cette manière efficace d'embarquer les lecteurs dans son univers singulier n'a pas d'équivalent.

 

Ainsi, dans Le Voyage d'hiver se familiarise-t-on très vite avec Zoïle, homme «vaguement employé» par EDF-GDF, traducteur de L'Odyssée ; avec Astrolabe, une femme, sorte d'agent littéraire au service d'Aliénor, une romancière à succès qualifiée d'«anormale légère» - ne cherchez pas d'accents autobiographiques dans ce récit…

Zoïle voudrait épouser une carrière de kamikaze en s'attaquant à un monument en forme de «A» ; en fait, il sympathise avec les deux femmes qui désirent vivre dans des conditions précaires - en plein hiver, elles refusent le chauffage dans un appartement ouvert à tous les vents. Zoïle est plus ou moins amoureux d'Astrolabe. Pour le reste, on retrouve ce qui fait le charme de la romancière : des aphorismes sortis de nulle part et qui forcent à penser, des scènes insensées, des morceaux d'érudition, de l'autodérision servie généreusement.

 

Le Voyage d'hiver (Schubert n'est pas loin) est surtout une histoire de «trip» que Nothomb décrit, détaille, et décrypte avec une verve… stupéfiante. Le mot «trip» a un double sens : il désigne à la fois l'«état qui résulte de l'absorption de substances hallucinogènes» et une «aventure intérieure». Ce sont les plus belles pages du roman, des pages déjantées, piquantes, psychédéliques. Le meilleur d'Amélie. Mais où la romancière est-elle donc allée chercher tout cela ? Un contrôle antidopage s'impose !

 

Source Le Figaro.

 

 

Dernier roman d’Amélie Nothomb que j’ai vite dévoré, vu le nombre de pages et la manière avec laquelle elle sait nous entraîner dans son … trip !

 

Je ne peux que le conseiller aux fans. Et pour les autres, prenez le temps de la découvrir …

 

 

21 août 2009

Nos cinq sexes

ATHLETISME

La médaillée d’or du 800 m est-elle un homme ?...

Mercredi soir, Caster Semenya a gagné le 800 m féminin. Mais tout le monde a parlé de son sexe. Il faut dire que le jour même de sa finale, la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) a elle-même demandé à la Fédération sud-africaine de lui fournir des informations sur cette jeune femme au visage masculin et à la voix grave, soupçonnée d'être un hermaphrodite et de présenter des attributs féminins et masculins.

Nick Davies, porte-parole de l'IAAF, déclarait : « Nous avons contacté les gens de la Fédération sud-africaine pour savoir s'ils avaient des documents permettant d'établir son sexe. Ce sont ces documents qu'ils sont en train de recueillir, mais il faut savoir que c'est un processus complexe, qui prend du temps et coûte cher »…  « Il serait totalement injuste de l'exclure. C'est un dossier sensible, une question de santé, cela concerne une personne qui n'a rien fait d'illégal", avait-il encore insisté.

Source AFP.

 

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Suite à cet événement, j’ai découvert que chaque être humain possède cinq sexes !

Non … Inutile de jeter un œil inquiet sur votre entrejambe, rien n’a changé depuis cette nuit …

Mais depuis une autre nuit, celle des temps, nous étions convaincus que notre chère Terre n’était peuplée que d’hommes et de femmes clairement identifiés, et rien d’autre. Les progrès du savoir et de la science nous ont démontré qu’il pouvait en être tout autrement. Il y aurait donc bien un sexe masculin et un autre féminin, mais aussi tout un tas de variantes, entre les deux !

Suivant les cinq critères définis pour l’appellation contrôlée Mâle ou Femelle, nous pouvons entendre le verdict fort et clair, 5 sur 5 … soit 4/5 … 3/5 … et là les choses deviennent nettement plus compliquées …

Biologiquement parlant, il y a plusieurs critères à mettre en évidence, pour considérer qu’un homme est plutôt de nature féminine, et inversement. Mais les cinq principaux ont été retenus, pour définir nos cinq sexes !

Nous connaissons tous le cas des hermaphrodites, qui possèdent à la fois des organes génitaux masculins et féminins. Les pseudohermaphrodites qui ont un sexe féminin mais pas d’ovaires, ou ceux encore, qui sont dotés d’ovaires, mais avec un pénis. Une étude réalisée aux Etats-Unis a révélé que 4% des naissances étaient des hermaphrodites. Aujourd’hui, ces cas de trans et intersexualité peuvent être détectés avant l’accouchement et traités dès la naissance, par voie chirurgicale et traitement hormonal.

La nature des véritables hermaphrodites est intéressant car ils possèdent à la fois des ovaires et des testicules, qui peuvent se développer séparément ou ensemble, dans le même organe, produisant ainsi androgènes et oestrogènes, leur permettant si la nature avait bien fait les choses, de devenir au choix, père ou mère. Il est même surprenant de penser que s’il existait une liaison directe entre leurs organes, ils pourraient tout à fait se reproduire sans aide extérieure. En 1969, deux chercheurs français, Paul Guinet et Jacques Decourt, cliniciens à Paris, sont allés jusqu’à définir 98 types d’hermaphrodites …

Pour en revenir à la coureuse Caster Semenya, c’est sa morphologie et sa manière de courir qui ont éveillé les soupçons. Un athlète participant à des épreuves sportives de haut niveau comme les jeux olympiques ou un championnat du monde, doit répondre aux critères des cinq sexes. Aux jeux olympiques de Barcelone en 1992, cinq femmes sur 2406 ont eu des résultats de « sexe masculin ». Huit femmes dans les jeux de 1996 à Atlanta … Près de 70% des records féminins remportés à l’époque glorieuse de l’Allemagne de l’est ont été invalidés …

 

Le mot sexualité désigne les phénomènes suivants :

 

- L'existence biologique d'organismes sexués, qui ont un sexe mâle ou femelle, et qui ont chacun des caractéristiques spécialisées et complémentaires spécifiquement destinés à permettre la reproduction.

- Le comportement sexuel, qui est chez la plupart des animaux un comportement de reproduction (le but est la copulation), est chez les primates hominoïdes un comportement érotique (le but est la stimulation du corps et des organes génitaux).

- Tous les aspects affectifs et émotionnels (attachements, désirs et plaisirs érotiques, passions, etc.) en relation avec le comportement sexuel.

- Tous les aspects cognitifs et culturels (mœurs, représentations, croyances, valeurs, symboles, amour, etc.) qui sont en relation avec les trois phénomènes précédents.

Il y a également toute la problématique des chromosomes et les particularités que l’on peut noter chez certaines personnes, ce qui rend la classification homme-femme de plus ne plus complexe. Plus on avance dans la connaissance et moins il semble évident de définir véritablement ce qu’est un homme ou une femme.

Les critères appliqués dans le monde sportif, ainsi que les tests pratiqués seront probablement à remettre en question. Mais alors qui faudra-t-il considérer être un homme et une femme, s’il existe tant de personnes, qui involontairement, se situent entre les deux sexes ?

Et il en va de même dans la société …

 

16 août 2009

Tourmente

 

marthe_dupeyron.jpgEn juillet 1940, Marthe Dupeyron sortait de l'Ecole Normale de Mende. Au mois d'octobre elle gagna son premier poste d'institutrice, à 21 ans, pour y remplacer le titulaire, prisonnier de guerre. Il s'agissait du hameau de la Vaissière, à plus de 1200 mètres d'altitude sur le flanc du Mont Lozère, entre le col de Montmirat et le village de Pont-de-Monvert.

A la fin de l'année, Marthe avait depuis longtemps décidé de profiter des vacances scolaires pour aller embrasser sa mère et ses deux sœurs, chez elle, à Rocles. Mais la Vaissière est à dix kilomètres du bourg de Montmirat, où passent les autocars. Dix kilomètres de chemins couverts de neige. Malgré la tâche difficile, Marthe Dupeyron put gagner Langogne et de là Rocles, où elle arrivait le 29 décembre, par beau temps.

Dans la nuit du 31 décembre, le temps changea brusquement. La neige se mit à tomber et le froid devint glacial. Quand on songe que l'express Marseille-Bordeaux resta immobilisé plus de vingt heures à quelques lieues de la gare Saint-Charles, on peut imaginer le temps qu'il devait faire sur les montagnes de Lozère.

Le chasse-neige déblaya les principales artères et le 2 janvier 1941, le chauffeur du car Langogne-Mende décida d'assurer son service. Bien que la mère de Marthe lui conseilla d'attendre une journée de plus, elle obtenu l'autorisation de prendre le car, voulant à tout prix ouvrir son école comme l'exigeait son devoir, le matin du vendredi 3 janvier. Pierrette sa sœur tint à l'accompagner, comme l'aurait fait Denise si elle n'avait pas été clouée au lit par une angine. C'est tout ce que sa mère put obtenir, et que sitôt ses filles rendues sur place, elle lui expédieraient un télégramme ...

Le jeudi 2 janvier, les deux sœurs partent à l'aube et le temps semble meilleur. Elles arrivent à Mende où elles apprennent que le service des cars est arrêté. Marthe décide alors de prendre un taxi qui va les conduire avec sa sœur, à Montmirat. Il est trois heures de l'après-midi lorsqu'elles atteignent Montmirat. La tempête recommence à sévir et le bourg apparaît dans un tourbillon de neige. A l'auberge où elles s'arrêtent, on tente de les empêcher de poursuivre leur route, mais Marthe sourit. Que diraient les enfants si demain leur institutrice faisait l'école buissonnière ?

C'est alors qu'elle se joignent à M. Portalier qui venait du Choizal et se rendait aux Badieux, tout proche de leur destination. Ils mettront trois heures à parvenir aux Badieux et l'homme les invita à chercher un gîte pour la nuit, car le jour déclinait. A deux kilomètres de l'école et en terrain connu, elles préférèrent continuer. Elles ne devait plus être loin de la Vaissière lorsque survint la tourmente.

Le dimanche suivant, le 5 janvier 1941, soit trois jours après leur départ, leur mère affreusement inquiète téléphone aux Bondons pour qu'on parte à leur recherche. Deux hommes découvrent les corps recroquevillés de Marthe et Pierrette, se tenant par la main et recouverts de glace, au  pied d'un arbre. On ne les trouva que vers cinq heures de l'après-midi, à quelques centaines de mètres des Badieux, un peu écartées de leur chemin. Le phénomène est bien connu : les personnes qui marchent dans la neige, la nuit tombée, tournent en rond ...

Source : article du journal Paris Soir du samedi 25 janvier 1941.


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Le clocher de tourmente est une construction lozérienne, particulièrement répandue dans les hameaux situés sur le Mont Lozère. C’est un ouvrage simple, en granit, supportant une cloche et souvent surmonté d’une croix. Bâtis au début du XIXe siècle, le rôle de ces clochers est de permettre aux voyageurs de ne pas s’égarer et périr, si d’aventure ils se trouvaient pris dans la tourmente.

Ce terme désigne une redoutable intempérie qui naît en altitude au cours des rudes hivers, lorsque chutes de neige et bourrasques de vent violents se conjuguent. Dès que sévissait la tourmente, mais aussi par temps de brouillard, les cloches étaient actionnées jour et nuit, fournissant un repère sonore aux voyageurs, un peu à la manière d’un phare, afin qu’ils puissent s’orienter vers les habitations.
Les sœurs Dupeyron sont les plus célèbres victimes du pays, mais plus récemment, durant l’hiver 1984, deux skieur pris dans la tourmente, y laissèrent la vie ..

 

Photo : Clocher de tourmente du hameau de la Fage, Lozère

 

 

 

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