17 décembre 2008

Brainstorming

Il y a des sujets qui méritent réflexion et il y en a bien un qui me titille depuis longtemps déjà, à savoir : l’origine du peuple Juif !

 

(  p’tain le Philo a pété un plomb ...  )

 

 

Ce questionnement n’est pas lié à mes croyances qui ne rentrent pas toutes dans les cases des religions traditionnelles, mais c’est plutôt une sorte de constat fait au fil de mes connaissances et de mon intérêt pour l’égyptologie. Alors que le christianisme et la religion musulmane ne me pose pas de problème particulier au niveau de leurs origines, les Hébreux qui sont les garants des principaux fondements de notre civilisation demeuraient pour moi un mystère complet. Je dis bien demeurait car depuis quelques années, j’ai une nouvelle approche des choses qui me convient tout à fait et répond au brainstorming qu’engendre cette affaire dans mon petit esprit …

 

L’histoire de l’Egypte ancienne est un immense puzzle qui commence à prendre forme et nous livre petit à petit ses secrets. On sait a peu près tout de la filiation des pharaons qui ont régné sur la Basse et Haute Egypte, des guerres qui ont été livrées contre leurs ennemis, de la culture et des traditions de ce peuple plusieurs fois millénaires, et … aucune trace de l’existence des Juifs sur cette terre !

 

On sait également qu’ils n’ont pas été esclaves asservis à la réalisation de tâches pharaoniques, comme ils nous sont apparus dans la non moins pharaonique production de Cecil B. De Mille, les Dix Commandements. C’était tout bonnement l’occupation d’artisans et agriculteurs durant la crue du Nil. Alors quid de ce peuple élu venant de nulle part et de cette histoire par laquelle l’humanité s’est créé une mémoire collective ? Là, c’est le cartésien que je suis qui parle …

 

Pourtant, une toute autre histoire a été pressentie au cours des travaux de Jean-François Champollion, qui écrivait : « La connaissance réelle de l’ancienne Egypte importe également aux études bibliques, et la critique sacrée doit en retirer de nombreux éclaircissements. ». Sigmund Freud quant à lui, était fasciné par Moïse. A la suite des fouilles effectuées à Tel el-Armana, site actuel de l’ancienne capitale d’Akhenaton, il proposa l’hypothèse suivante : « Nous aimerions à présent risquer cette conclusion : si Moïse fut un égyptien, s’il transmit sa propre religion aux Juifs, ce fut celle d’Akhenaton, la religion d’Aton. » Il ajoutait : « Si j’étais millionnaire, je financerais la poursuite des fouilles … ».

Champollion n’a pas eu le temps hélas de poursuivre ses travaux, mais il lui avait été vivement conseillé à l’époque, d’abandonner cette thèse …

 

Heureusement, d’autres chercheurs et linguistes se sont penchés sur ces hypothèses, c’est le cas de Messod et Roger Sabbah qui ont découvert après vingt ans d’études, le message caché de la Bible : le peuple Hébreu, celui de l’Exode, celui dont on ne trouve aucune trace dans l’Egypte historique, n’est autre que la population d’Akhetaton chassée par le Grand Vizir, qui régna peu après Toutankhamon. Déportés vers Canaan, province égyptienne située à quinze jours de marche de la vallée du Nil, les prêtres et notables monothéistes fondent le royaume de Yahouda, la Judée. Autre détail intéressant, la police du pharaon Akhenaton n’a pas suivi la même destinée et s’est dirigée vers le sud pour s’établir dans l’actuel Kenya. Ils portent le nom de Massaï. C’est la fin du monothéisme en Egypte, mais ce n’est pas pour autant la fin du Dieu unique …

 

L’histoire de l’Exode décrite dans l’Ancien Testament ne serait qu’une sorte de calque superposé à une vérité ignorée : le peuple égyptien et le peuple hébreu ne seraient qu’un. Messod et Roger Sabbah découvrent de troublantes analogies entre l’alphabet hébreu et l’écriture hiéroglyphique, entre la Genèse et la cosmologie égyptienne. Ils montrent que les noms des personnages de la Bible, Abraham ( Akhenaton ? ), Moïse, Aaron Josué, Sarah, dissimulent les noms et les titres royaux des pharaons de la XIIIe dynastie. Ils retrouvent transcrit le nom d’Akhenaton dans la Bible, grâce à l’histoire de l’ânesse de Balaam qui proclame : « Anokhi Atone-Kha », ce qui veut dire « Je suis ton Dieu Aton », qui deviendra « Anokhi Adonaï », « Je suis l’Eternel ton Dieu ».

 

Les preuves s’accumulent au fil des études archéologiques, littéraires et sémantiques. Ainsi sont comparés rites traditionnels égyptiens et hébraïques, analogies entre les habits de cérémonie de pharaon et ceux des rites sacrés hébraïques ( kippa, téfilines, …). La Bible est comparée mot à mot avec l’histoire de l’Egypte, le passage de la mer Rouge, le veau d’or, la grande scénographie du Mont Sinaï et les Dix Commandements sont des événements symboliques annoncés et décrits depuis des millénaires dans les tombeaux des pharaons.

 

Dans le dernier ouvrage de Roger Sabbah « Le Pharaon Juif », c’est la relecture de la Kabbale qui démontre qu’il faut cesser de prendre au pied de la lettre chaque épisode relaté dans la Bible, comme par exemple la traversée de la mer Rouge ( mais comment a-t-il fait Moïse ? ), mais y voir au contraire la symbolique propre à l’esprit de l’ancienne Egypte. Cette nouvelle lecture fait des Juifs les descendants en ligne directe des anciens égyptiens. Sa démonstration bouleverse nos idées reçues sur les religions monothéistes, en nous apportant une vision nouvelle sur les bases de notre civilisation, et par conséquent, sur les conflits de notre époque.

 

Je ne sais plus qui a dit : « Nous sommes tous égyptiens ! », mais c’est un peu vrai. Grâce à la Bible, la quintessence de la sagesse égyptienne est parvenue jusqu’à nous, portée par la tradition orale de ceux que se firent appeler Hébreux. Ils n’ont pas eu le droit d’écrire leur histoire, en échange de leur liberté de penser, mais ils l’ont quand même gravée dans leur mémoire, sous d’autres identités et d’autres lieux, mais en conservant la même croyance. Dans tous les cas il s’agit d’une réflexion sur les sources de notre pensée et par conséquent, sur nous-même …

  

les secrets de l'exode.jpg
secrets de la bible.jpg
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Ce n’est pas trop mon habitude quand je présente un livre, mais cette fois-ci je les ai tous lus ...
 

Commentaires

Sujet très pointu, documenté et argumenté; je n ai pas les connaissances nécessaires et pertinentes pour un autre commentaire, je m instruis, et au passage je te bise :)

Ecrit par : C.LaCigale | 18 décembre 2008

@ La Cigale : Le sujet n'est pas si pointu que cela puisqu'il concerne une bonne partie de l'humanité. Ce que j'aimerais savoir à présent, à la lumière de tout ceci, c'est ce qu'en pensent les principaux intéressés et quelle sera leur nouvelle vision sur leur propre histoire.
Il y a également un fait passionnant sur l'idée du Dieu unique, voire Dieu tout court, qui nous semble une chose assez abstraite. Il n'en était rien pour ce peuple car Akhenaton, représentant des dieux, puis d'un seul dieu, sur terre, est lui même devenu le Dieu unique !
C'est à dire que Dieu pour ce peuple qui ne devait plus prononcer son nom, et pour cause, est Akhenaton lui-même ...
J'aime bien quand les choses ont un sens, même les plus spirituelles !
Je te bise aussi.

Ecrit par : Philo | 18 décembre 2008

Ce qu'il y a de bien avec toi c'est qu'il y en a pour tous les goûts. Je vais te faire une confidence : J'ai beaucoup de mal avec l'histoire des religions, dès que je crois commencer à comprendre je m'aperçois que je n'ai rien compris et que je suis un abime d'inculture (pfff!). Du coup ces ouvrages me tentent parce que moi aussi je voudrais enfin comprendre et savoir !
Bizz Phil

Ecrit par : Mrs K | 22 décembre 2008

@ Miss K : Comprendre quoi ? Je ne sais pas s'il faut chercher à comprendre. Il y a des gens qui ont la foi d'un côté et une histoire de l'autre. En temps que mécréant pas tout à fait irrécupérable, je doute... Et ce doute m'oblige à aller puiser l'information là où elle pourrait se trouver. Ces ouvrages sont intéressants car ils apportent des réponses sur l'origine d'un peuple dont la croyance est l'une des plus tenaces.
Je ne pense pas que nous saurons un jour ...
Bizzzz K.

Ecrit par : Philo | 22 décembre 2008

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