28 novembre 2008

Devoir de mémoire

Quand Kristin Schlinker, jeune étudiante de 18 ans, s’est mise à la recherche de documents pour un exposé de français, elle ne se doutait pas qu’elle allait faire une bien troublante rencontre avec le passé, dans la maison familiale de Meschede.

 

C’est dans le grenier que la jeune fille découvrit une valise qui dormait là, discrètement, depuis 1945. Elle contenait de quoi nourrir son exposé au-delà de toute espérance et lui permit d’obtenir une bonne note. C’est grâce à cela qu’elle fut encouragée à retrouver son propriétaire.

 

Kristin retrouva la trace d’un cousin éloigné qui transmit l’information par courriel à Alain Eymard, fils de George, détenu dans un stalag du côté de Dortmund de 1940 à 1945, après avoir été capturé sur les plages de Normandie. George Eymard travaillait dans une scierie et mangeait le midi dans une famille, les Schlinker.

 

Alain Eymard, 70 ans, n’a pas hésité une seconde à prendre le volant de sa voiture en compagnie de son épouse, pour parcourir les 800 km qui séparent son village de Ciel en Saône-et-Loire, de Meschede, en Allemagne.

 

La Famille Schlinker au grand complet les attendait sur le perron de la maison familiale. Kristin bien sûr, avec laquelle il put échanger quelques mots en français et une grande tante qui avait connu son père et qui était toute émue de serrer dans ses bras le fils de George.

 

L’accueil était chaleureux et l’émotion fut grande quand le fils du prisonnier ouvrit la valise de son père. C’était comme une bouffée de tendresse qui se mêlait aux sanglots de sa voix …

 

Son père avait gardé toutes les lettres de Mari-Lou, son épouse, ainsi que les photos d’Alain tout bambin, jointes aux courriers. Il y avait également un tableau peint par un copain de stalag et dédicacé à George, des affiches de spectacles de théâtre que le prisonnier organisait pour amuser les copains, avec les noms de tous ces comédiens amateurs.

 

Y figuraient également des menus gastronomiques de Noël fantaisistes, élaborés par jeu et humour, alors qu’il n’y avait probablement que des patates pour régaler leurs papilles. Mais le plus important était la copie d’un ausweiss au nom de la mère d’Alain Eymard, avec l’adresse, ce qui facilita grandement les recherches. Tout était en très bon état de conservation.

 

George Eymard, décédé en 2004, n’avait jamais parlé de cette valise, ne désirant pas s’épancher sur cette période de sa vie … 

 

 

  

camp de prisonnier.jpg
 

Commentaires

touchante et émouvante histoire, quand le passé rejoint le présent pour mettre le doigt sur une mémoire.

Ecrit par : Bougrenette | 28 novembre 2008

Une bien jolie et touchante histoire que tu nous fais découvrir là, même si, personnellement je trouve un peu dommage que la transmission ne se soit pas faite oralement par l'interessé, mais tant de raisons possibles et à respecter.
Bisàtoi et bon dimanche :)

Ecrit par : C.LaCigale | 30 novembre 2008

@ Nénette : Une info de l'AFP qui est plutôt passée à la trappe. J'ai eu envie de lui donner une autre chance en faisant cette petite note.

@ La Cigale : Bon nombre d'histoires demeurent dans des valises ou des petites boîtes, sans qu'on viennent les déranger. Celle-ci est assez émouvante en effet.
Je t'embrasse.

Ecrit par : Philo | 30 novembre 2008

Vraiment touchante cette histoire !! Cet homme devait posséder une drôle de force de caractère !! S'il a su donner à son fils bien des choses pour son évolution , il laisse après son départ une histoire qui impose le respect !! Petits bonheur de vie sur une sombre histoire , dommage qu'il n'ai pu profiter de ces retrouvailles !! Bisous d'un lundi matin !!

Ecrit par : manue | 01 décembre 2008

C'est pour cette raison que j'ai des boites en carton pour mettre mes souvenirs
Bizz Phil

Ecrit par : Mrs K | 01 décembre 2008

@ Manue : Rares sont ceux qui parlent aisément de la guerre et des blessures infligées, morales ou physiques.
Je me souviens d'un père qui n'avait rien raconté à son fils, de son internement dans un camp, alors qu'il le faisait pour des classes venant le visiter dans sa maison de retraite ...

@ Miss K : J'ai beau te mettre en boîte de temps en temps, je ne tiens pas à te transformer en souvenir !
Du moins pas tout de suite ;)
Bizzz K.

Ecrit par : Philo | 01 décembre 2008

Que signifie enseigner
la mémoire aujourd'hui ?

Problématique des rapports
entre Histoire et mémoires...

Quelles mémoires
doit-on enseigner ?

Les mémoires blessées,
occultées ou refoulées

Le rôle des enseignants
dans la transmission de la mémoire

ttp://crdp.ac-reims.fr/memoire/enseigner/memoire_histoire/menu.htm

Ecrit par : Sylvaine | 02 décembre 2008

Lien non tronqué :
http://crdp.ac-reims.fr/memoire/enseigner/memoire_histoire/menu.htm

Beau texte Philo.

Ecrit par : Sylvaine | 02 décembre 2008

@ Sylvaine : Mon titre n'est pas lié directement au devoir de mémoire comme voulait nous l'imposer notre Président, mais un simple jeu de mot par rapport à l'exposé que devait faire Kristin.
Cette histoire exhumée d'une valise m'avait touché et j'ai voulu en faire quelque chose d'un peu moins brut de pomme que la dépêche de l'AFP ...
Merci pour le lien que je vais aller découvrir.
Je t'embrasse.

Ecrit par : Philo | 02 décembre 2008

T'es trop mignon smaaaaaaaac !

Ecrit par : Mrs K | 04 décembre 2008

@ Miss K : P'tain tu m'as fait une de ces peurs !
Faut prévenir avant les smaaaaaac ! :)
Bizzz.

Ecrit par : Philo | 04 décembre 2008

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